Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)
Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

Les vacances sont finies pour la plupart d’entre nous. La reprise du travail va de pair, pour certains, avec bonnes résolutions ou pérennisation de vieux schémas qui nuisent à notre bien-être, celui de notre famille ou de nos collègues.

Je vous propose un rapide questionnaire liminaire afin de savoir si vous êtes susceptibles d’être concernés par l’article qui suit :

* L’un de vos rituels journaliers est de boire du café et/ou d’en consommer avec vos collègues et/ou amis ;

 

* Vous avez en horreur le café, sauf dans les desserts ;

 

* Vous affectionnez les films de Jim Jarmusch et notamment Coffee and Cigarettes, cet article (texte et photos) étant directement inspiré par ce dernier ;

 

Si vous avez répondu positivement à l’une des propositions (au minimum), vous venez de gagner une première chance de poursuivre la lecture.

Si vous avez répondu par la négative, à chaque fois, rien n’est encore perdu. Veuillez passer à la question suivante qui, attention, est discriminante.

Voici la planche V du test de Rorschach, que voyez-vous ?

 

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

Si vous ne répondez pas « une tasse de café », j’ai l’honneur de vous apprendre que vous pouvez lire cet article. Sinon, je suis au regret de vous annoncer que la lecture de ce texte s’arrêtera après les quelques lignes colorées, un peu plus bas. Le résultat de votre test révèle en effet une addiction sévère à la caféine. Lire cet article, qui en est un succédané, vous serait fatal à n’en pas douter. Seul un sevrage vous sera salutaire !

Regardez à nouveau l'image, vous verrez que vous avez divagué :

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

Préparez-vous une tasse de mélisse, pratiquez le yoga ou la méditation, évitez dans la mesure du possible toute automédication caféinée (y compris les gélules ou crèmes anti-cellulite). Oubliez cet article, passez à autre chose, changez-vous les idées, sortez, allez vous promener, appelez un ami, regardez un film, caressez un chat un chien un cheval ce que vous voulez, chantez, jouez d’un instrument, dansez, dessinez, écrivez, peignez, cuisinez, tricotez, brodez, confectionnez des objets en origami ou en pâte fimo, créez,

PRENEZ SOIN DE VOUS !

 

Écoutez éventuellement ceci :

Aux petits chanceux, sains de corps et d’esprit : curieux de découvrir quel est le meilleur café du monde et d'apprendre à le préparer ?

Alors plongeons ensemble dans la noirceur du mystérieux kawa... Prenez garde aux turbulences !

 

Il en va du café comme des grands crus de vin et de thé. Pour les connaisseurs, sa préparation s’apparente à un art, précis et technique, autant qu’à un rite. En matière de goût, cependant, la subjectivité est de mise, même pour les spécialistes. Vous pourrez vous documenter sur le sujet à l’envi, apprendre comment faire le meilleur espresso du monde, le plus équilibré, vous continuerez à vous cogner la tête contre l'évidence : tous les goûts sont dans la nature ! Ce qui plaît au connaisseur ne vous conviendra pas à coup sûr. Ce qui vous sied n’est peut-être pas ma tasse de thé. Il existe autant de manières d’apprécier le café que de personnalités.

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

J’en conviens, la réponse est décevante. Vous vouliez une méthode, une recette, je ne vous en donnerai pas ! Juste un conseil d’amie… Veillez, à l’avenir, autant que possible, à ce que vos réunions de travail ne se terminent pas en pugilat, autour de la cafetière, pour une sombre histoire de caféine clivante, car si chacun ajoute son grain de sucre ou donne du grain à moudre à l’histoire, on n’est pas sortis de l’auberge, pas plus que du café :

 

Collègue 1, grimaçant  : « - Pouah, ce café est infecte ! » 

Collègue 2, dégoûtée : « - T’as raison, il est vraiment pas bon ! » 

Collègue 1, insistant  : « - Il a un goût de vase… »

Collègue 2, persistant  : « Une horreur !... Qui a fait ce café ? »

Collègue 3, fronçant les sourcils  : « Ajoutez donc du sucre, il sera meilleur… ! »

Collègue 2, offusquée : « Le café sucré est une hérésie ! »

Collègue 3, cymbalisant : « Faux ! Il a été démontré scientifiquement qu’un soupçon de sucre sublime le goût du café, Murakami en parle dans Kafka sur le rivage. J’en ai mis dans ma tasse, ce café est délicieux... »

Collègue 4, s’indignant : « On met du sucre partout, on en consomme toute la journée ! Une vraie drogue ! Non mais, regardez-vous, on dirait un sketch, vous êtes tous en train de vous empiffrer de biscuits et de viennoiseries ! C’est presque triste de voir à quel point vous êtes dépendants au sucre sans vous en rendre compte… »

Collègue 5, agacé : « Rhoooo, tu nous casses les bonbons avec ta théorie à la noix. Arrête le prosélytisme, chacun fait ce qu’il veut ! Puis tu me fais rire… T’as arrêté de fumer, depuis ce matin, 9h ? Ah ah ! Et ça veut donner des leçons sur les dépendances… ! [narquois] Un petit conseil : si tu te remettais au sucre, tu serais peut-être plus souriante. Puis tu te laisses aller depuis quelque temps, tu t’habilles comme un sac ! Z’êtes pas d’accord avec moi ? A un moment, faut dire ce qui est ! »

La collègue 4 sort son paquet de cigarettes et quitte la salle de réunion.

Collègue 6, las : « Je vois qu’on reprend le travail dans la joie et la bonne humeur ! Tout ça pour du café… Encore ! On a ressorti l’ancestral débat de comptoir. Vous innovez, pour la reprise, dites-moi. Vous savez quoi, je vous offre ma contribution sur un plateau : "café bouillu, café foutu, le réchauffé est à gerber !" »

Il sort en soupirant pour se diriger vers la machine à café.  

Collègue 7, désabusé mais sûr de lui : « Soyons sérieux, vous n’avez rien compris. Ce café n’est pas mauvais, vous l’avez mal servi. Je connais LA méthode infaillible, LA clé du bon café : il faut l’oxygéner. »

Il verse du café dans sa tasse en élevant la cafetière bien haut puis en la redescendant par 3 fois, effet yoyo. Le café éclabousse le dossier du collègue 8 qui, tentant de limiter le mouchetage de son travail, renverse la tasse dessus.

Collègue 8, en colère : « Merdeuu, ces croquis étaient des originaux… Une perte de temps folle pour des conneries ! »

Collègue 1, contrarié : « Perte de temps, oui, je ne te le fais pas dire ! Au moins, Balzac, il préparait SON café, dans SA cafetière, avec SON propre mélange, il n’emmerdait personne et surtout, il avançait dans son travail. On devrait finir par opter pour les capsules, ici, ce serait plus productif ! »

Collègue 2, contrariante : « On a déjà dit que c’était trop onéreux, puis tu oublies de dire que Balzac buvait jusqu’à 70 tasses par jour, je crois, et qu’il en est mort à 40 ans et des brouettes… Tu parles d’un exemple ! »   

Collègue 9, dite "la nouvelle", hésitant : « euh, c’est… c’est dommage de vous disputer pour si peu vous ne trouvez pas... ? »

Collègue 3, pointilleux : « On ne se "dispute" pas, on communique, madame... nuance ! »

Collègue 10, s’adressant à la nouvelle : « Puis t’es qui, toi, pour l’ouvrir, pour donner ton avis, comme ça ? T’es qui, tu t’es pas présentée… T’es personne ! ça fait même pas deux heures que t’es là et tu te permets déjà de la ramener ? Tu sais comment on fonctionne ici, quelles sont nos méthodes ? Niet ! Si tu as cru savoir, tu oublies, tu dois t’adapter à nos propres règles ! »

La nouvelle, rouge confusion : « Non, c’est un fait, je ne sais pas, mais euh, je je voulais juste ap… »

Collègue 10, pointe sur les i : « Quand on ne sait pas, on se tait, et on écoute ceux qui savent. Capisce ?! »

Collègue 2, recentrant le débat : « Tout cela ne nous dit pas qui a commis ce café ? » 

Collègue 3, de mauvaise foi : « La nouvelle, je pense… »

La nouvelle, catastrophée : « Non… ja… »

Collègue 11, furieux : « Chut, on t’a dit ! Madame se permet de disserter sur la question et elle boit du thé, en plus ! Aucune légitimité ! Ceci est un motif de renvoi, chère amie... Vous êtes virée ! Oust, dehors ! La porte ! Suivez mon doigt ! »

 

Du tréfonds de la cafetière s’élève un cri : « Qu’on lui coupe la tête ! ». Clameur autour de la table. On crie HOURRA autant qu’haro ! Les esprits s’échauffent. Chacun rit, parle sans filtre, boit du petit lait : « Qu’on la noie dans sa tasse de thé, on fera une partie de pêche au canard ! » « Oh oui, chouette chouette ! » « Qui participe ? »  « Moi ! Moi ! » « Je peux vous prêter une canne à pêche, si vous voulez ! » « Plus on est de fous plus on rit ! »  

 

Tasses consommées. Tasses enchaînées. Mauvais café qu’importe, la cafetière circule de main en main de tasse en tasse. Les tours de table ne se comptent plus et les murs ont l'air penché. La caféine se fait vertigineuse, une valse effrénée en robe noire. Les tasses s’entassent, s’amassent, monticules, tours fragiles et sans magie, les tasses basculent, en vrilles se brisent, éclats de voix, encore une fois : « que la nouvelle paie les pots cassés ».

 

La cafetière observe, lascive, en reine, cette ronde d’excités. Un chat, d’un chapeau, surgit pour, pas de velours, s’approcher du dossier fichu, dont la tache se propage sur table car, des profondeurs de cette tache, quelque chose remonte à la surface. Quelque chose noir d’abord, puis bleuté. Pas quelque chose, quelqu’une plutôt. Blonde. Alice.

 

A robe bleue tablier blanc, elle tente de reprendre sa respiration. Dans sa mare corsée, elle se débat, s’agrippe aux mots légendes du croquis qui l’enserre. Mais les mots sont lâches, elle l’a toujours su. Ils la laissent sombrer. Coulées vertigineuses, sempiternelles remontées, entre profondeurs-surface, elle n’en voit plus la fin, ne sait plus où elle est. Elle boit du noir contre son gré, à n’en plus pouvoir.

 

Bien qu’étourdie à la caféine, elle perçoit soudain chant de sirène. De l’aigu vivifiant qui picote légèrement et enivre les oreilles. Mais si l'eau se défile, réveille-toi ! DECLIC. Le cerveau comprend, le cauchemar s’achève, Alice se réveille.

 

Elle se ressert une dernière tasse de café, nerveuse tendue, à l’idée de commencer ses nouvelles fonctions ce matin. Elle espère que tout se passera bien. Déjà légèrement en retard, mal réveillée, vite maquillée, sapée de travers, elle tente de débrancher ses perfusions de caféine, n’y parvient pas, s’énerve, tire sur les fils, arrache, arrache tout, d’un coup, sec, renverse tasses et bouquins, saccage, laisse tout traîner par terre et sort de sa cage qu’elle appelle « maison ». Elle n’est, en fin de compte, qu’une petite nouvelle sous caféine.

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)

Vous avez tenu à me suivre dans la noirceur du café, je vous avais prévenus, ça remue ! Deux choix s'offrent à vous désormais :

1°/ Remonter lire le paragraphe encadré aux mots vert d'eau ;

2°/ Écouter ceci…

 

Bonne reprise sereine à ceux qui recommencent le travail demain (anciens, nouveaux, ceux qui reprennent une activité).

Bonne rentrée zen aux enseignants, aux ATSEM, aux AVS-AESH, aux conseillers et assistants d’éducation, aux conseillers d’orientation, au personnel de service scolaire, aux élèves et aux étudiants.

Bon courage enfin aux demandeurs d’emploi (que vos démarches ne soient plus vaines et toujours saines), autant qu’aux messieurs-dames de Pôle Emploi qui font ce qu’ils peuvent, c’est le système.

En toute chose, consommez avec modération et prenez soin de vous !  

REFERENCES (non exhaustives)

*Livres et articles :

- Honoré de Balzac, 'Du Café', "Traité des excitans modernes", dans Physiologie du goût de Brillat-Savarin, 1838, pp. 460-466 : Consultation du livre sur Gallica - Bnf ;

- Lewis Caroll, Les Aventures d'Alice aux pays des merveilles et De l'autre côté du miroir, 1865 et 1871 ;

- Agatha Christie, Black Coffee, adapté par Charles Osborne, 1997 ; 

- "Les incroyables trésors de l'histoire : la cafetière qui tua Balzac", Le Point, 01/11/2014 ; 

- Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, 2002 ;

- Sébastien Racineux, Chung-Leng Tran, Le café, c'est pas sorcier, Marabout, 2016 ;

 

*Films et séries :

- Jim Jarmusch, Coffee and Cigarettes, 2003 ;

- Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske, Alice au pays des Merveilles, Walt Disney Pictures, 1951 ;

- "Caméra Café", série de Yvan Le Bolloc'h, Bruno Solo, Alain Kappauf, 2001-2003 ; 

 

*Arts sur toile, sur papier ou sur table :

- Eduardo Arroyo, Yanek Walczak, 1974 (huile sur toile et objets, triptyque) ;

- Giulia Bernardelli : Instagram ;

- Vivimac : http://www.vivimac.fr/ ;

 

*Musique, chansons et poésie sonore :

- Alice Calm : http://alicecalm.com/

- Indochine, Alice et June, 2005 ;

- Mickey 3D, "Réveille-toi", Matador, 2005 ;

- Oldelaf et Monsieur D, "Le café", L'album de la maturité, 2006.

Autour d'un café : conseils et recette (nouvelle)
Retour à l'accueil

Partager cet article

À propos

Sandrine

Le blog : http://www.depoussiere-ta-petite-cuillere.fr/ La photographie : https://zeugmaticetoc.tumblr.com/
Voir le profil de Sandrine sur le portail Overblog

Commenter cet article

Estelle 03/09/2017 22:49

Quel bel article !
Je me suis régalée à le lire. Et je n'ai pas honte de dire que j'ai vu une petite peluche au test !
On dirait un peu une satire de l'entreprise et des relations entre collègues. Merci d'avoir porté un regard humoristique sur l'incontournable "moment du café" ou plutôt "moments" au pluriel tellement c'est à longueur de journée dans certains endroits xD
Le "qui a commis ce café?", c'est aussi un clin d'oeil au monde de la cuisine ?
La cage à la fin du texte me fait penser aussi à Saez et "Pilule" ! Je m'arrête là sinon je n'en finirais plus des "ça me fait penser à..." :D
Félicitations pour tes écrits et tes dessins (et ta vidéo !)
Bisous !

Sandrine 04/09/2017 20:06

Ah ah, pour la peluche ! :D Comment dire, ça ne m'étonne pas vraiment de toi... Je serais curieuse de savoir ce que les gens voient, tiens ! Venez les gens, dites-moi ce que vous voyez, je vous dirai qui vous êtes :) (tu me donnes des idées là ;) )

Je dirais que c'est un miroir du monde du travail, oui, mais des relations en général. Un miroir déformé. C'est un peu la société actuelle et pas tout à fait non plus, c'est un point de vue. On s'y reconnaîtra ou non, on verra ce qu'on veut y voir (comme on peut voir ce qu'on veut du monde en général).

Tout est parti d'une réflexion sur le café, les goûts de chacun en la matière. Des tasses de café, j'en ai observé un certain nombre depuis quelques semaines, depuis toujours finalement, j'ai écouté les autres en parler. Puis la rentrée arrivant, j'ai pensé à la machine à café, le lieu où l'on se retrouve entre collègues, j'ai songé à ton anecdote sur le sujet (celle d'il y a quelques années), ça a dérivé sur les angoisses liées parfois au travail. J'ai eu des expériences professionnelles dans des milieux très différents et le constat est le même : tout le monde est sous tension. Les tensions professionnelles ont des répercussions dans la vie familiale et c'est là que commence le cercle vicieux (les vases communicants... et on ne sait plus si c'est le domaine professionnel qui influe sur la vie personnelle ou l'inverse... sujet de philo de l'année, à vos stylos, vous avez 3h !).
Puis il y a tout le reste... Tout ce qui se passe dans le monde. Les petites querelles professionnelles ou familiales ne sont que le reflet (à plus petite échelle) des conflits mondiaux. Si on ne sait pas s'entendre dans une petite entreprise ou dans une famille (dans un microcosme), comment la société peut-elle fonctionner ? (à vos stylos, vous avez 5h !) Comment le monde peut-il tourner rond ? (à vos stylos, vous avez 7h !).
Et je ne donne pas de leçon. Je suis comme tout le monde et surtout pas un exemple. J'ai également ma responsabilité dans tout ce bazar, que j'ouvre ma gueule ou non. Je suis humaine... et l'humain n'est parfois pas très "humain" justement ; ça fait partie de lui (vraiment ?! à vos stylos, vous avez 9h !).

Je voulais parler également de tout ce que cela peut engendrer en dérives... Les moyens qu'on trouve pour "résister" ; les mauvais moyens souvent et donc les dépendances.
Comment on peut passer de quelque chose de "bénéfique" (le café peut être stimulant, inspirant, il l'était pour Balzac et pour d'autres écrivains... j'en parlerai probablement dans un autre article) à une addiction, quelque chose de délétère. La frontière est floue.

Bref, il y a un peu de tout ça dans ce texte, je crois, mais ce n'est que ma perception. Chacun peut y voir ce qu'il veut.

S'agissant du "qui a commis ce café", pas mal, le clin d'oeil au monde de la cuisine ! J'avoue ne pas y avoir pensé, mais ça pourrait :) (d'autant que j'aurais de quoi dire sur l'ambiance qui règne en pâtisserie et en cuisine)
En réalité, c'était surtout une référence à "Black Coffee" d'Agatha Christie ; l'histoire d'un empoisonnement au café. Dans ma petite nouvelle, tout part d'un café, mauvais, qui vient envenimer la situation (et qui n'est qu'un prétexte finalement). Résultat : c'est presque un crime ("commettre un crime") d'avoir réalisé ce café.

Il est intéressant que tu me cites le passage "sa cage qu'elle appelle maison" parce que quand je l'ai écrit, je me suis dit que ça m'évoquait quelque chose. Alors, effectivement, le texte a un peu de "Pilule", dans le fond^^... la même noirceur. Pour autant, j'ai fini par trouver d'où venait ma phrase. C'est revenu en chanson, justement. Au début, j'avais écrit "sa cage qu'on appelle maison" et ça va certainement plus te parler... J'avais une voix qui venait quand je relisais cette phrase, puis c'est devenu une chanson, et j'ai retrouvé que c'était de Placebo : "du taudis qu'on appelle maison" dans 'Protège-moi'. Le lien entre les noms "Pilule" et "Placebo", je le trouve très intéressant d'ailleurs^^ !

J'aime bien tes "ça me fait penser à" parce qu'il est difficile de faire sans les mots des autres, je trouve. Je suis pleine des mots et des voix des autres, pour ma part. Les mots qu'on m'a dits, les mots que j'ai lus, les anecdotes qu'on m'a racontées ("les murs qui ont un air penché", ça venait de ton anecdote du mur qui s'est à moitié plié quand tu t'es appuyé contre par ex), des chansons que j'ai entendues, les voix de toutes les personnes que j'ai connues sont en moi. C'est envahissant parfois... Comment trouver sa propre voix et ses propres mots avec ce brouhaha intérieur qui vient de l'extérieur (à vos stylos, vous avez 1000 ans ! Ah ah !) J'avais une idée de bouquin là-dessus d'ailleurs, qui en est toujours au stade de l'idée ! :-D

J'arrête là, sinon je vais finir par écrire un roman !

Merci
Bisous.